Histoire et patrimoine

Les origines

Le nom de Senonches viendrait des vastes marécages sillonnés de cours d’eau (du latin « sanies-onn–ica ») « onn » étant dérivé de « onno », cours d’eau. La première indication date du IXème siècle dans le Polyptyque d’Irminon, abbé de St-Germain des Prés (Senoncha castrum) et le pays du Thimerais qui entoure la ville est cité sous le vocable de « Theodemerensis » dans une charte du Prieuré de St-Martin de Chamars qui date du XIème siècle.

La première mention du château se trouve dans une charte du début du XIIème siècle, où Hugues II seigneur de Châteauneuf-en-Thimerais, confirme aux moines de St-Père de Chartres un don concernant l’église de Senonches et ses revenus ; cette charte confirme que c’est Hugues II qui fit construire ce château, à l’emplacement d’un précédent complètement ruiné, ainsi que les fortifications entourant le bourg.

 

Le bourg fortifié de Senonches, entouré d’étangs et de forêts, se situait en zone frontière : frontière naturelle entre la Beauce et le Perche et frontière politique toute proche (sur l’Avre) entre le Duché de Normandie et le pays de France vers l’est. Ainsi, il participe à une ligne de défense, situé en troisième position derrière St-Rémy-sur-Avre et Brezolles. Senonches avec les seigneurs du Thimerais, a toujours soutenu la couronne de France.

Nous n’avons pas de vestiges plus anciens que le Moyen Age et la morphologie du bourg avec sa rue centrale, de même que la boucle du hameau de Laudigerie font immanquablement penser aux bourgades de défrichements si importants au XIIème siècle. La baronnie de Châteauneuf-en-Thimerais s’éteignit au XIIIème siècle et Senonches fut intégré au siècle suivant dans le Comté du Perche


De la Renaissance à nos jours

Le château a perdu depuis le début du XVIIème siècle toute importance militaire, mais chaque époque a apporté bien sûr des modifications dans la structure et l’aspect du bourg. Jusqu’en 1525 Senonches fit partie des possessions des comtes du Perche devenus ducs d’Alençon.

Après 1525, à la suite de problèmes d’héritages complexes, Senonches est détaché du Perche, et tombe dans les possessions d’une maison d’origine italienne, les Gonzague-Mantoue, bientôt ducs de Nevers.

 

Les armoiries de la ville datent de cette époque

D’argent à une croix patée de gueules, cantonnée de quatre aigles de sable membrées et becquées de gueules.
Ecu soutenu par deux rameaux de chêne passés en sautoir à leur naissance.
Timbré d’une couronne murale».

 

 

De ce temps datent aussi les premiers témoignages écrits sur les forges, les fours à chaux et les verreries (Haron); et aussi les noms de deux de nos étangs: Badouleau était régisseur des ducs de Mantoue, et Loiseau était une famille alors influente (un maître de forge en 1660).

Suit de 1654 à 1667 l’intermède de la famille de Broglie. Puis, de 1667 à la Révolution de 1789, Senonches connaît des seigneurs très hauts placés, des familles Condé, Conti et enfin après 1770, le propre frère du roi Louis XVI, Monsieur, comte de Provence, du Maine, du Perche…Ces seigneurs ne devaient guère fréquenter le château de Senonches. Mais, sous leur impulsion ou celle de responsables locaux, beaucoup de choses se transforment:

  • le château est agrandi (toute la partie dite XVIIème siècle)
  • le centre du bourg prend une grande partie de son visage actuel, vraisemblablement dans la période de Mlle de La Roche-sur-Yon (1719-1747).
  • Les verreries disparaissent, mais les activités métallurgiques sont alors florissantes, entraînant une grosse fabrication de charbon de bois nécessaire à l’alimentation des fourneaux.

Au XIXème siècle, siècle de la révolution industrielle, et malgré la crise douloureuse de toutes ses activités traditionnelles (fermeture des forges et bientôt des fours à chaux), le bourg se modernise, surtout sous l’impulsion de T.N. Poucin, maire de 1833 à 1868: démolition des anciennes halles et construction de nouvelles, élargissement de la rue principale, percement de l’avenue qui porte justement le nom de Poucin. A la fin du siècle, fermeture de la Grand’Mare, démolition de la ferme du Chêne au Loup, aménagement du Champ de Foire, construction de la gare, de la ligne de tramway…

Enfin au XXème siècle comme tous les bourgs ruraux français, Senonches doit chercher des activités nouvelles.

On assiste alors au développement d’activités industrielles : les usines Rémy reprises plus tard par John Deere, la saboterie devenue ensuite fabrique de meubles aujourd’hui Style Wood, fabrication d’objets en étain à la Ville-aux-Nonains, MABEP devenue Senonches agricole, Catep, Eurofeu…

Mais rien n’est jamais acquis de façon sûre : les fermetures des usines John Deere, des Etains du Manoir, de la gare, ont été douloureuses. Pendant le même temps il faut faire face à des besoins grandissants : construction d’HBM puis de HLM, de lotissements, d’écoles, d’un centre de secours, d’une nouvelle mairie etc…